Les mots croisés.
Une belle inconnue passe et, dans son sillage, l'effluve d'un parfum subtil et capiteux flottant dans l'air vous rappelle des moments intimes partagés avec une amante torride. Des lettres, romantiques ou érotiques, négligées depuis des années dans un fond de tiroir, et qui vous font revivre des émotions que votre subconscient avait soigneusement ensevelies dans ses méandres brumeux. Vous avez connu ça non ? Ou encore des photos qui, lorsqu'on les regarde à nouveau, relancent de vieilles blessures au cœur, anesthésiées par le temps.
Vous avez très certainement déjà dû vivre cette expérience !
Et bien moi, c'est les mots croisés. Ou plus exactement une page de mots croisés.
Il y a quelques jours de ça, je venais faire constater par mon dentiste, la défaite pitoyable d'une dent de sagesse, trentenaire de son état, suite à un combat contre un nougat en pleine force de l'âge. Je rentre dans la salle d'attente, et après un bonjour à la cantonade, je m'assois. En prenant un magasine pour tuer le temps, je laisse mon regard vagabonder. Trois personnes attendent le bon vouloir de ce cher dentiste.
Une vieille femme menue et toute de noir vêtue, droite comme un « I », est assise à ma droite. Un petit chapeau à voilette trône sur sa tête dissimulant à moitié un chignon protégé par une armée d'épingles. Elle lit un livre en cuir fatigué par le temps, probablement un livre religieux.
Une grenouille de bénitier, pensais-je, une « demoiselle », comme elles aiment à se faire appeler...Pourquoi sont-elles toujours habillées en noir ? Elles font le deuil de qui ? De quoi ? Probablement de leur vie sans présence masculine.
Elle me détaille de la tête aux pieds de ses petits yeux voilés et replonge dans sa lecture. À son côté, affalé sur son siège, un quinquagénaire ventripotent, au visage rond et couperosé, les mains croisées sur son abdomen, s'obstine à baisser les yeux sur ses charentaises. Il porte un marcel qui a dû être blanc un jour. Une paire de bretelles maintient presque sous ses bras un pantalon en velours épais, élimé, usé par de longs et loyaux services. Parfois, il regarde par en dessous une jeune femme assise devant lui.
Un magasine posé sur ses cuisses, la jeune femme griffonne une page de mots croisés, avec des gestes sûrs et précis. Elle semble faire abstraction totale du monde qui l'entoure.
En enrayant une quinte de toux naissante, l'homme aux charentaises fouille dans sa poche. Il en sort un morceau de drap coupé qui lui sert de mouchoir, et dans un concert de corne de brume, se mouche en plongeant la tête en avant. Sa prestation finie, il nous gratifie d'un sourire gêné, et se cambre d'une façon grotesque pour ranger son mouchoir en boule dans son pantalon.
Surprise et dérangée par le bruit, la jeune femme toise un moment le gêneur et la « grenouille de bénitier ». Ses yeux se posent enfin sur moi, elle me regarde en souriant étrangement. Je lui rends son sourire, complice, et détaille avec attention ce qui attire ce monsieur.
Avec ses jambes longues, ses seins ronds et volumineux qui tendent son tee-shirt, ses cuisses fermes moulées dans son jean, elle a un corps à damner un saint. Le tout sous un visage à l'ovale parfait, de grands yeux sombres et innocents, une bouche aux lèvres charnues, et une lourde chevelure brune qui cascade sur ses épaules. Elle a les jambes croisées, et balance un escarpin, rythmé par une musique imaginaire. Elle m'analyse à son tour un long moment, puis sans trahir la moindre émotion, reprend son activité, suçotant distraitement un crayon. Mes yeux sont rivés sur cette bouche qui va et vient sur le crayon. Les regards par en dessous du monsieur, deviennent de plus en plus insistants. Parfaite ingénue, elle ne se doute pas du trouble qui commence à m'envahir. Et c'est en réprimant une érection naissante que le mécanisme se déclenche.
En quelques secondes, je suis projeté dix années en arrière. Je me cale plus confortablement, ferme les yeux, et un vague sourire aux lèvres, me laisse emporter par mon petit cinéma personnel.
*****
Il faisait une chaleur lourde pour ce mois d'août 1995, presque palpable. Chaque mouvement collait les vêtements trempés par la transpiration à la peau. Les gens étaient nerveux et facilement irritables. Malgré tout, il régnait comme une atmosphère électrique, chargée d'érotisme. Les décolletés devenaient plus plongeants, les minijupes sortaient dans les rues. Et il n'était pas rare de croiser une automobiliste la jupe largement remontée sur les jambes, à la lisière de la petite culotte. Un régal des rétines pour tout homme érotomane qui se respecte !
Deux ans que nous vivions ensemble, Vanessa et moi, et malgré la pression de son italienne de famille, nous n'étions pas encore mariés.
À force de caresser l'espoir d'acquérir un jour un bien immobilier, et bien, ça y était ! Nous venions d'emménager dans un splendide appartement. La particularité de cet appartement tenait du fait de son immense terrasse avec une vue imprenable sur Nancy. Un de nos rêves qui se réalise. Et nous profitions du week-end pour effectuer quelques travaux de rénovation.
Evidemment, le fait de bricoler ensemble n'a pas été sans pincements de fesses, pelotages en tous genres et batailles de pinceaux.
Epuisé par la chaleur et le travail accompli, je me dirige vers la terrasse et me laisse tomber sur un « bain de soleil », les doigts de pieds en éventail.
Je vois ma femme qui, très prévenante et des traces de peinture un peu partout, me tend un verre de Martini où flotte une rondelle de citron. Mon poison préféré !
- Tiens mon chéri, tu l'as bien mérité ! Me sourit Vanessa.
- Oh, merci mon amour...Euh...J'espère que je ne mérite pas que
ça ! Dis-je en flattant sa hanche.
- Eh... tu en veux toujours plus toi ! Plaisante ma femme en promenant un doigt
sur mon nez.
Je plonge un instant dans son regard émeraude mis en valeur par un teint légèrement halé. Ce joli minois est agrémenté de taches de rousseur. Elle replace d'un geste très sensuel une mèche rebelle de sa crinière rousse qui ondule devant ses yeux.
Ce geste me rend fou !
Elle s'assied sur moi à califourchon, passe ses deux bras autour de mon cou et pose sa bouche pulpeuse sur la mienne. La bouche de Vanessa s'ouvre doucement, imperceptiblement et ma langue vient à la rencontre de la sienne. Nos langues se trouvent, se reconnaissent et entament un étrange ballet.
Par l'échancrure de son tee-shirt fatigué, elle offre à mes yeux une vue imprenable sur ses seins lourds et fermes. Par jeu je lui prends un sein, libre sous son tee-shirt. Le contact chaud et élastique m'envoie une bonne dose d'adrénaline dans les artères. Mon sexe, qui jusque-là se tenait tranquille, commence à se mouvoir.
Le sein frissonne sous mes doigts. Je saisis le téton du pouce et de l'index, je l'excite du bout de l'ongle, l'agace, le pince gentiment. La réaction ne se fait pas attendre, la pointe de sein se raidit. Encouragé, et surtout dévoré par le désir, je soulève le t-shirt et deux seins magnifiques défiants les lois de l'apesanteur me sautent littéralement au visage. Je dépose des petits baisers sur sa peau veloutée.
Vanessa grogne de contentement, penche la nuque en arrière, et me saisit la tête à deux mains. Je goûte avec délice, lèche et m'enivre de son odeur. Mes mains caressent son visage et je laisse mes doigts courir dans ses cheveux soyeux. Ma langue dessine des arabesques autour des seins, titille les mamelons érigés, avant que ma bouche ne s'en empare. Elle ferme les yeux, gémit, se laisse porter par la caresse un moment. Vanessa envoie sa main sur la bosse de mon jean, et de la paume caresse mon sexe avant de s'en emparer à travers le tissu épais. Elle commence un va-et-vient agréable, puis, comme si elle avait été piquée par un insecte, se lève d'un bond et en riant me donne une tape sur la main.
- Eh, non !!! Qu'est ce que tu fais ?
- Houlà ! Il vaut mieux que je m'en aille, si je veux finir de ranger
un peu, moi. S'esquive Vanessa.
- Oh non, s'il te plaît...Reste encore un peu. Je lui fais en lui saisissant
le bras.
- Tu sais, j'aimerais vraiment finir tout ce cirque. Me dit ma belle en s'échappant
pour la deuxième fois. Mais je te promets que ce soir on fera un câlin...Et
puis tu sais ce qu'on dit... C'est encore meilleur quand on attend.
Elle tourne les talons et se précipite dans le séjour. Amusé, je suis des yeux un instant ce corps superbe entretenu par des heures de gymnastique et, plus particulièrement, ses fesses musclées et rebondies moulées par un mini short en lycra rose qui ne dissimule que le haut de son postérieur. Le supplice de Tantale !
J'aurais bien voulu badiner encore un peu avec ce corps qui m'affole, moi ! En tout cas, tu perds rien pour attendre, mon amour...Sur cette pensée grivoise, je m'étends en sirotant mon Martini. Elle est belle ma femme ! Je suis bien ! Et cette vue sur cette terrasse ! Je me sens bien.
Et c'est sur cet orgueil, et cette tranquillité, que possède tout mâle à qui tout sourit, que je commence à somnoler, les bras croisés sous la nuque, bercé par le gazouillis des oiseaux.
Je pense aux vacances. Vacances plus que méritées ! Plus qu'une semaine ! Une longue semaine peuplée de chiffres d'affaires et de fichiers clients avec, en prime, la pression du boss !
Je ne vous fais pas un cours là-dessus. La sempiternelle rengaine, que ça ne va pas du tout. Qu'il va falloir s'y mettre sérieusement. Que beaucoup de jeunes voudraient bien notre place, et pour un plus petit salaire de surcroît...Bref, un savon, comme on en donne dans beaucoup de boîtes. Alors oui, j'attends les vacances !
Il faut dire que je débute un poste de commercial dans une société en agro-alimentaire, et n'ai droit qu'à une semaine de vacances. Je tiens fermement à ce qu'on en profite, ma femme et moi. Peu importe où nous allions, l'essentiel est que nous soyons ensemble et que nous décompressions...
Bercé par mes rêves, le sourire aux lèvres, je profite des derniers rayons de soleil de la journée. La sonnerie du téléphone me sort de mon assoupissement, un peu brutalement.
Je ne perçois que des bribes de la conversation, mais il semblerait que Vanessa discute avec un membre de sa famille à propos d'une cousine. La conversation est moitié en français, moitié en italien. Vanessa est d'origine italienne de par son père et une grande partie de sa famille vit encore là bas. En fait, de ses proches, je ne connais que ses parents, sa sœur et quelques tantes.
Le ton monte parfois et a priori ma femme n'approuverait pas une proposition. Le combiné à peine raccroché, elle me rejoint sur la terrasse. À sa mine attristée, je me doute qu'elle ne vient pas m'annoncer de bonnes nouvelles.
- Poussin ? Tu dormais ? Dit Vanessa en s'asseyant à nouveau prés
de moi.
- Non, mon cœur, disons que je commençais à m'endormir.
- Bon...Je viens de parler à ma tante Ornella...Tu sais, celle d'Italie
!
- Euh...Ouais...T'u m'en a déjà parlé, mais je ne la connais
pas encore.
- Eh bien, tu vas faire connaissance de sa fille, ma cousine Alessandra, et
ça pas plus tard que la semaine prochaine !
- Quoi ? Tu veux dire que ta cousine va débarquer ? Comme ça ?
Chez nous ?
– (...)
- Et elle vient faire quoi, ta charmante cousine ?
- Ecoute poussin, calme-toi ! Je vais t'expliquer. Me dit-elle en passant ses
bras autour de mon cou et en déposant un rapide baiser sur mes lèvres.
Elle me commente sa conversation téléphonique ou il est question qu'une cousine, qu'elle n'avait pas vue depuis au moins dix ans, passe une semaine chez nous. Elle se prénomme Alessandra, elle vient d'avoir vingt-deux ans et de se faire plaquer par son petit ami. La tante d'Italie en question, est la maman d'Alessandra. Aussi, pour que sa fille se change les idées, et surtout pour qu'elle ne pense plus à son petit copain, elle a décidé de l'envoyer en France.
Ben voyons ! Mais bien sûr, c'est connu, en France, tout s'arrange !
J'appris que pendant la seconde guerre mondiale, bien des familles aristocratiques ont été déchues de leur titre de noblesse. Une sombre histoire politique dont l'arrière grand-père de Vanessa et d'Alessandra a fait les frais. Il n'eut plus droit, ni à sa particule de noblesse, ni à son titre de « comte ». Et comme un malheur n'arrive jamais seul, de mauvais placements boursiers ont eu raison de sa fortune. Bref, de son passé noble, la famille n'en a gardé qu'un petit air supérieur. La maman d'Alessandra de par son mari, un richissime entrepreneur, n'a jamais travaillé de sa vie. Elle vit en véritable comtesse de synthèse et tyrannise les employés à son service. La tante Ornella a une grosse influence sur la famille et, quand elle demande quelque chose, elle s'arrange toujours pour obtenir satisfaction.
– Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates
à la lanterne ! Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira ! Les
aristocrates on les pendra ! Je chantonne, ravi de ma bonne blague, en pouffant.
– Pfff ! T'es pas drôle.
– Ok, excuse-moi... Mais avoue... C'est plutôt con, non ?
– Écoute, Fred, ma famille a connu bien des souffrances pendant
cette guerre, je te prie d'être plus respectueux à l'avenir !
Je compris que pour Vanessa, c'était très important, et que c'était un sujet épineux qu'il valait mieux ne plus aborder. J'appris également qu'Alessandra, travaillait depuis deux ans dans une agence de mannequins à Milan, et qu'elle devait se rendre à Paris pour un défilé de mode. Évidemment, ça ne pouvait pas mieux tomber !
Sa tante a eu ma femme aux sentiments, précisant que ça faisait trop longtemps qu'elles s'étaient perdues de vue. Bien sûr le fait de mentionner que nous comptions partir un peu pour la dite semaine de vacances, n'y a rien fait.
Quand la tante Ornella veut...Bref, adieu les vacances, adieu la tranquillité, bonjour les emmerdes !
- T'avoueras quand même que c'est chiant ! Je lui dis après l'avoir
écouté religieusement.
- Oui, je sais, mais je n'ai pas trop le choix, mon chéri. Et puis elle
me demande de lui rendre un petit service...
- Un petit service ? Un petit service ? Gâcher le peu de vacances qui
nous restent, un petit service ?
- Ne le prends pas comme ça. Dis Vanessa en ébouriffant mes cheveux,
comme elle l'aurait fait à un gamin de dix ans suite à une grosse
déception.
- Mouais...Et puis d'abord, elle ressemble à quoi ta cousine ? Grommelle-je.
- Attends, je dois avoir une photo d'elle.
Elle part dans notre chambre, fouille dans des cartons, et revient toute triomphante en agitant la photo dans la main.
- C'est elle ta cousine ? Pas terrible...Et on voit tout de suite que c'est
une chieuse...Et bien ça promet !
- Tu dis ça parce que tu es en colère...Et puis en dix ans elle
a dû changer.
- Mouais...J'espère pour elle, parce que pour un mannequin...
- Mais, je ne t'ai jamais dit qu'elle était mannequin !
La fillette sur la photo pose assise, le dos bien droit et fixe l'objectif du photographe. Un regard décidé, accentué par une chevelure noire qui retombe sur ses épaules. Sans être obèse, elle a tout de même des kilos en trop. De toute façon, la photo est vieille et très sombre et on ne voit pas très bien. Et puis il faut bien le reconnaître je ne suis pas d'humeur à juger équitablement.
En regardant la photo, et en écoutant ma femme me donner des précisions sur sa cousine, je me retrouve dans la peau de Jim Phelps :
« Bonjour Fred, votre mission consiste à recevoir chez vous la
cousine de votre épouse. Elle restera une semaine. Vous lui ferez un
accueil chaleureux. Vous devrez la sortir et lui faire visiter votre ville.
Vous devrez mettre en place tout ce qui pourrait lui changer les idées.
Elle doit oublier son « ex » petit ami ! Votre épouse vous
secondera pour cette mission. Comme toujours au cas où les choses tourneraient
mal, le département d'État nierait toute implication avec vous
et votre équipe. La bande que vous écoutez s'autodétruira
automatiquement.
Bonne chance Fred ! »
(Coup de tampon) Classée MISSION IMPOSSIBLE.
Pour un peu je m'attendais à ce que la photo parte en fumée...
- Eh...Tu m'écoutes ?
- Hum, quoi ?
- Tu as bien compris ce que tu dois faire ?
- Ben...Oui...Je crois...Je dois aller chercher la ch....Euh, Alessandra, lundi
prochain à la gare pour 11h00. C'est bien ça ?
- 12h15 ! Tu vois, comme d'habitude tu ne m'écoutes pas ! Me dispute
ma femme qui n'a pas tout à fait tort.
- (...)
- Allez, viens on va se faire un bon petit dîner ! Me sourit-elle en me
traînant à l'intérieur.
*****
La semaine était longue, trop longue, comme toujours quand on sait que l'on va être en repos. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pour ma part, les vacances commencent à partir du dimanche soir, quand on sait qu'on ne sera pas obligé de se lever tôt le lendemain matin. Et justement, j'étais en vacances ! Epuisés et heureux après un long câlin, nous sommes dans les bras l'un de l'autre, un vague sourire aux lèvres, quand...
- Au fait, tu as mis ton réveil ? Susurre ma femme.
- Quoi ? Mais ma chérie tu oublis que l'on est en VA-CAN-CES. Tu sais,
les congés payés ! Les jours de repos annuels ! Les vacances quoi
! Et là je pouffe dans mon oreiller.
- Bien sûr mon amour, mais même avec tes ricanements, tu oublies
quelque chose ou plutôt quelqu'un !
Oh putain...Alessandra ! Je l'avais complètement oublié celle-là. Et c'est sûr cette dernière pensée que je m'endors, enlaçant tendrement Vanessa.
La dernière bouchée de croissant avalée, je prends une douche rapide, saute dans un vieux levis, enfile un t-shirt, tente de mettre mes baskets en sautillant jusqu'à ma voiture tout en maudissant ma femme qui n'a pas pu venir. Elle a un rendez-vous chez sa gynécologue. Vu qu'on ne part plus, Vanessa a avancé ses visites médicales. Deux matinées dans la semaine, quand même elle exagère, mais bon...
Qu'est ce que je vais lui dire, moi, à sa cousine ? Je ne la connais même pas. En plus avec une vieille photo datée de dix ans, je ne peux pas la louper. Tu parles, « Alea jacta est », comme disaient les romains !
Je rentre dans le hall de gare, regarde ma montre qui affiche 12h10. Je jette un œil sur le tableau d'affichage. Pas de retard prévu. Je paie mon ticket de quai, et au même moment, une voix « off » annonce que « mon train » rentre en gare.
Ok, au moins je n'attendrai pas.
Je me fraye un chemin dans la foule et rejoins les quais. Les voyageurs commencent à sortir du train. Un gosse un peu turbulent m'écrase le pied, et avant que je fasse quoi que ce soi, une femme avec de grosses lunettes d'écaille sur le nez, tire le gamin par la manche en me lançant en regard réprimant.
« Quoi, tu veux ma photo toi ? Je ne l'ai pas touché ton môme ! Alors bouge », ce n'est pas le moment de m'énerver !
Evidemment, vu que nous nous connaissions ni l'un ni l'autre, j'ai écrit son prénom sur une pancarte et je la brandis au dessus de ma tête. C'est sûr que je ne passe pas inaperçu, mais bon, c'est le but. Il n'y a plus beaucoup de monde sur le quai, et toujours pas d'Alessandra. Une petite brunette, plutôt ronde, avec une robe à fleurs se dirige vers ma direction. Elle porte un énorme sac sur l'épaule et agite sa main en me souriant.
OK, ça doit être elle... J'ai eu peur qu'elle ne soit pas dans le train...Elle est pas terrible la cousine... En plus, elle a une drôle de démarche, on dirait qu'elle se dandine...Pfff...On dirait une dinde...Ce n'est pas dans une agence de mannequin qu'elle doit travailler, mais chez Gérard Bourgoin, le roi du poulet !
C'est en réprimant un fou rire que je vais à sa rencontre, avec un vague sourire aux lèvres.
- Bonjour, je suis F...
Elle passe devant moi, me laisse avec ma phrase en suspend et se jette dans les bras d'un vieux monsieur qui lui prend son sac d'autorité. Eberlué, je les regarde se diriger vers la sortie.
Bon sang, c'est pas elle ! Et maintenant je fais quoi, moi ?
Je me dirige à mon tour vers la sortie, quand une silhouette élancée et féminine, coiffée d'un chapeau, marche dans ma direction en tirant une grosse valise à roulettes. Maintenant elle n'est plus qu'à dix mètres de moi.
Elle porte une chemise de lin blanche nouée sur un ventre plat, qui met parfaitement en valeur sa peau bronzée et un pantalon très souple, beige, qui dissimule ses longues jambes. Ses pieds nus et manucurés sont sanglés de tongs en cuir marron. Mais ce qui attire davantage mon attention, c'est ce chapeau de cow-boy, en cuir, assorti aux tongs, très élégamment porté. Un look très bourgeois bohème ! C'est une brune avec une longue chevelure noire et dense, et des yeux en amande couleur caramel, aussi clairs et purs que du caramel liquide, intensifiés par l'indétournable mascara. On n'a même pas le temps de se demander si elle est belle qu'on est déjà sous son charme et qu'on ne pense plus qu'à sa bouche gourmande, à son sourire qui découvre des dents éclatantes, à ses seins majestueux qui tendent le tissu à le faire craquer, ainsi qu'à une croupe qu'elle sait faire onduler avec une agressivité merveilleuse au moindre de ses pas. Avec ma pancarte dans les mains et cette créature de rêve surgie de nulle part, sur un quai désert, on se serait cru dans un film de Lelouch.
Chabada-ba-da, chabada-ba-da...Les premières notes de musique du film me trottèrent dans la tête.
- Bonjour, je suis Alessandra...Tu dois être Fred ? Elle me tend une
main « french manucurée » en faisant tinter de fins bracelets
en or, un peu hésitante, puis se ravise et m'embrasse, m'embaumant de
son parfum au passage.
- (...)
- Après tout, nous sommes cousins, non ?
- Euh..., je..., oui..., Fred...Enchanté, Alessandra.
Mais qu'est-ce qui te prend mon vieux ? Voilà que tu bafouilles comme un adolescent devant son premier rendez-vous. Pour passer pour un benêt de province, tu ne pouvais pas mieux faire.
Elle fouille dans son sac, et masque ses yeux magnifiques d'une paire de Ray ban. Etrangement, j'en ressens de la frustration, je n'ai jamais vu d'yeux aussi merveilleux.
– Ok, Fred, on y va ?
– Après toi ! Je réponds, en prenant sa valise.
– J'ai hâte de revoir ma cousine ! Tu sais, nous étions très
liées, elle et moi, quand nous étions petites...Me dit-elle en
me prenant le bras.
« Eh, tu parais pas si chieuse que ça finalement ! Et le fait que tu sois balancée comme une déesse n'y change rien ! » Bien sûr cette phrase je la garde pour moi tout seul.
Arrivés à la voiture, je range sa valise dans le coffre, et l'aide à prendre place devant.
– Un coupé Bmw ? Je vois qu'on ne se refuse rien ! Dit-elle en
riant, plongeant ses yeux caramel dans les miens par-dessus ses lunettes.
– Oh, tu sais...J'aime bien les belles Allemandes. Je dis, en me justifiant
bêtement.
En tout cas en ce qui concerne les voitures. En ce qui concerne les femmes, je préfère les Italiennes...Hmm, tu saisis ?
Tout le long du trajet, elle parlait, de Vanessa, de sa famille. Elle parlait de tout et de rien. En bonne Italienne, elle parlait beaucoup avec les mains. J'étais complètement hypnotisé par sa voix légèrement cassée, chaude et envoûtante, et aussi par l'échancrure de sa chemise qui dévoilait par moment un sein prisonnier d'une cage de dentelle rose. À la demande d'Alessandra, je la dépose chez un fleuriste. Je la suis des yeux, ou plutôt la bois des yeux. Son pantalon moule à merveille ses fesses, qu'elle a très rebondies, des fesses vraiment très attirantes.
Il n'y a pas à dire, c'est une belle plante ! En tout cas, si elle n'est pas mannequin, comme l'a corrigé ma femme, elle mériterait de l'être.
Elle ressort du fleuriste avec un énorme bouquet de fleurs coupées du plus bel effet, le place sur la banquette arrière et me rejoint à l'avant.
- Tu crois que ça va lui plaire ? S'inquiète-t-elle.
- Bien sûr, elles sont superbes, Vanessa adore les fleurs et se plaint
que je ne lui en offre pas assez ! dis-je en jetant un œil au bouquet.
En arrivant devant l'appartement, Alessandra se passe la main dans les cheveux, arrange la tenue de sa chemise et me demande :
- Je suis comment ? Ça va ? Je suis morte de trouille !
- Ben...Si tu enlèves la crotte de pigeon que tu as sur l'épaule...
- Hein ?...Quoi ?...Où ça ?...Panique la bellissima.
- Je te taquine. Tu es magnifique ! Ça va aller ! Je lui dis en lui serrant
gentiment l'épaule.
- Tu peux te venter de m'avoir fait peur ! Me rétorque-t-elle en riant.
Ça fait quoi ? Dix minutes que l'on se connaît, et on se taquine comme de vieilles connaissances. C'est étrange, mais je me sens bien avec elle. Une complicité se crée entre nous. Quand je pense que Vanessa tremblait du fait que je ne l'aimerai certainement pas...
Elle me regarde longuement en battant ses longs cils, prend une profonde inspiration, ce qui fait gonfler davantage sa poitrine, et ouvre la porte d'entrée. Ma femme, alertée par le bruit, pousse des exclamations de joie dans sa langue maternelle, ou le mot « Mama » revient souvent, en levant les bras au ciel. Ma Vaness' se jette littéralement sur sa cousine. Elle la plaque contre elle, presque à l'étouffer, et lui applique deux baisers sonores sur les joues.
Ces italiennes, elles en font toujours trop, quel théâtre !
- Alessandra !... Tu es superbe !... Laisse-moi te regarder !... N'est-ce pas
qu'elle est belle, Freddy ? Lance ma femme en prenant sa cousine par les mains
et en virevoltant autour, l'entraînant dans une danse singulière.
- Ma chérie, le bouquet de fleurs paraît bien terne à côté
de deux beautés comme vous ! Je fais, très flatteur.
- Mais toi aussi tu es superbe, Vanessa ! Assure la belle italienne. Ça
fait combien de temps dis-moi ? Neuf ?... Dix ans ?
- Oui, quelque chose comme ça. En tout cas, ça fait trop longtemps
! Mais je t'en prie, ne reste pas dans l'entrée !
Nous installons Alessandra dans la chambre d'ami puis la laissons se doucher et se changer.
- Elle est devenue une très belle femme « notre » cousine,
dit Vanessa en arrangeant le bouquet de fleurs. Et en plus, elle a l'air d'avoir
un bien meilleur caractère. Tu ne crois pas ?
- Ben...Question physique, ya pas photo évidemment, sans jeux de mots.
Quant à son caractère, je ne la connais que depuis trente minutes...
Un ange passa, les ailes repliées sur les yeux, interdit par tant d'hypocrisie...
Fraîche et détendue la belle Milanaise apparaît dans une petite robe jaune à bretelles, très décolletée, qui s'arrête à mi-cuisses. Ses longs cheveux encore humides sont attachés façon « chignon défait ». Evidemment, ses jambes sont magnifiques, comment pourrait-il en être autrement ? De longues jambes bronzées et fines juchées sur des stilettos assortis à la robe. Ma femme et moi sommes assis dans le canapé du salon. Alessandra nous rejoint, et s'installe dans un fauteuil en face de nous. Dans la manœuvre, elle nous offre un décolleté vertigineux, et expose ses cuisses que la robe a bien du mal à dissimuler. En bonne maîtresse de maison, Vanessa se lève pour aller chercher des rafraîchissements.
- Tu veux que je t'aide, poussin ? Je demande, en me levant.
- Non, non, ça ira. Et puis tu ne vas pas laisser Alessandra toute seule
!
- Non, bien sûr ! Je reprends ma place en face de la cousine qui me regarde
en souriant.
La belle italienne fouille dans son sac qu'elle avait posé en arrivant, en extirpe un paquet de Marlboro, me demande si elle peut « en griller une », et devant mon acquiescement, allume sa cigarette, tire une longue bouffée, et expire la fumée avec délice. Ses yeux vrillés dans les miens, elle croise les jambes très haut, un mouvement d'une lenteur calculée, m'exhibant son entrejambe. J'ai aperçu un bout de culotte noire ou pas de culotte du tout, je ne l'aurai pas parié, mais ce dont je suis sûr c'est que ce geste est parfaitement délibéré. J'en étais là de mon observation, quand la bellissima décroise les jambes et les laisse suffisamment ouvertes pour que je puisse m'assurer qu'elle porte une ravissante culotte de dentelle noire.
- Alors, la vue te plaît ? Fait Alessandra, très coquine, en tirant
sur sa blonde.
- Qu...Quoi ?
- Ben oui, Vanessa m'a dit que vous avez préféré cet appartement
justement pour la vue qu'il arborait, je me trompe ? Demande-t-elle en se penchant
vers moi et en me rejetant la fumée en plein visage.
- Oui...Non... C'est vrai, la vue est très belle, tu veux voir ?
- J'attendais qu'on me le propose. Ça sera avec plaisir.
Avec plaisir, c'est plus cher ! Ok, tu veux jouer, on va jouer ma belle !
J'ouvre la baie vitrée et précède Alessandra sur la terrasse, elle s'accoude déjà sur la rambarde. Dans cette position, elle se cambre dangereusement et fait part de son émerveillement.
- Oui, nous avons une vue splendide !...Mais il y a d'autres vues plus intéressantes,
tu ne penses pas Alessandra ? Je lui dis, en me plaçant derrière
elle, mes bras de chaque côté de son corps, enserrant la rambarde.
Ses fesses cambrées effleurent mon jean, suffisamment, pour que je sente
la chaleur de son corps à travers l'épais tissu.
- Ah, et tu penses à quoi en particulier ? Me demande-t-elle en se retournant.
Je sens son souffle chaud légèrement nicotisé sur mon visage.
- Mais, à Milan par exemple, il doit y avoir de beaux panoramas ! Je
lui fais, tout sourire, en luttant pour ne pas mordre ses lèvres si pulpeuses.
- Effectivement, Freddy, Milan est une très belle ville. S'amuse la belle
en sortant de mon espace de courtoisie d'une démarche chaloupée,
provoquée par les stilettos.
Cette façon de m'appeler Freddy, je craque !
Nous rejoignons Vanessa, qui nous attendait avec les boissons et trois gros albums de photos. Je m'installe confortablement, et les observe en souriant. Penchées toutes les deux sur les photos, elles évoquent en mimant et riant des souvenirs qu'elles ont eus ensemble étant gamines.
Elles sont belles, elles se ressemblent un peu. Alessandra est brune à la peau cuivrée avec des yeux couleur caramel. Vanessa est rousse avec des yeux vert émeraude, bronzée elle aussi, mais moins mate que sa cousine, plutôt un bronzage couleur abricot. La cousine est très grande, sans ses talons elle est aussi grande que moi, dans les 1m80, ma femme est plus petite, environ une dizaine de centimètres de moins que la belle Milanaise. Par contre, elles sont toutes les deux très bien proportionnées. Elles ont toutes les deux, un petit minois triangulaire. Comme beaucoup d'italiennes, elles ont en commun, une bouche large et gourmande et une chute de reins aux fesses bien rebondies.
L'après-midi se passe à discuter et à rire sur de vieilles photos, et de vieilles vidéos. Avant le dîner, nous en savions un peu plus sur la « bellissima ». Elle travaille comme assistante-booker dans une agence de mannequins à Milan. Elle adore son « job » qui consiste à gérer la carrière des top-modèles, et qui lui permet de travailler dans les plus grandes capitales du monde. Elle avait un petit ami, photographe, qu'elle avait connu par son travail. Ils se fréquentaient depuis deux ans. Tout allait bien, l'argent, l'amour, puis, il y a quinze jours de ça, il l'a quittée. Comme ça, sans explications.
Comment peut-on rompre avec une fille comme elle.
Un ange passe, avec des allures de cupidon un arc à la main, pointant sa flèche sur moi...
- Attends, j'allais oublier...Fait Alessandra, en se levant précipitamment.
Elle revient avec un grand sac, et le tend à Vanessa en souriant.
- Tiens, c'est pour toi. Ce n'est pas grand-chose. Mais j'espère que
ça t'ira !
- Mais c'est magnifique ! Tu n'aurais pas du ! S'extasie ma femme en extirpant
du sac, une robe noire, et un sac à main assorti.
- Elle te plaît ?... Tant mieux !... Je craignais qu'elle ne te plaise
pas... Essaie là ! L'invite sa cousine.
- Si elle me plaît ? Je l'adore ! C'est d'un grand couturier en plus...Azzedine
Alaya ! S'écrie ma femme en lisant l'étiquette. Chéri,
tu te rends compte, Alaya, c'est pas vrai !
- Merci, mais tu n'aurais pas dû, elle doit valoir une fortune ! Se soucie
ma douce, un peu gênée.
- Bah, tu sais, avec mon job, on peut avoir des bons prix sur la haute couture
et le prêt à porter, la rassure Alessandra.
- Mais quand même, je connais un peu la valeur de ces robes là.
Tu n'aurais pas dû...En tout cas, c'est plus que gentil ! Merci mille
fois ! Fais ma femme en l'embrassant.
Plus qu'impatient de voir ma femme enfiler son cadeau, je la presse gentiment d'essayer la robe. Vanessa n'avait pas fait trois pas que...
- Attends, avec se style de robe une culotte serait de trop...Ça ferait
des marques. Essaie ça ! Fait la cousine, en lui tendant un microscopique
slip noir, très particulier.
- Merci...Mais... C'est quoi ce mini-slip ? Demande ma femme en tenant le sous-vêtement
tendu devant ses yeux étonnés.
De ma place ça fait un peu comme un "Y» en tissu noir, c'est vrai que c'est un peu troublant.
J'ai déjà vu ça quelque part, mais je ne me rappelle plus où...
- C'est un string...Ça vient du Brésil, et ça met en valeur
les fesses. De plus, ça ne fait pas de marque disgracieuse sous les vêtements
moulants. Précise Alessandra.
- Un string ? Tu mets ça toi ? S'inquiète Vanessa. Visiblement
pas très chaude de revêtir ça.
- Mais ma chérie...C'est indispensable... Claironne la belle italienne.
Bien sûr que j'en mets quand je porte des trucs vachement près
du corps, un peu comme la robe que tu vas passer.
Ça y est, je me souviens...C'est dans un des films qui passent le samedi soir à minuit sur la chaîne cryptée. Je pensais que c'était un accessoire érotique...
Le grand couturier est réputé pour créer des robes qui
subliment la femme, et avec cette robe noire à bretelle en stretch côtelé,
il ne déroge pas à sa règle.
La robe semble avoir été cousue sur Vanessa, tellement elle est
bien ajustée. Elle épouse parfaitement ses hanches, et ses seins
se dessinent sous le fin tissu. Manifestement elle est nue en dessous, du moins
on pourrait le croire sans problèmes. La robe moule tellement la courbure
de ses fesses, mises en valeur par le string, que l'on distingue même
le sillon qui sépare les deux demi-sphères de son cul magnifique.
Ma femme est plus sexy que jamais, et j'ai très envie d'elle. Pour rire,
elle entame un défilé, imitant la démarche des top-modèles.
- Alors ? Vous en pensez quoi ? Demande-t-elle en prenant une pose très
aguichante.
- Tu es superbe mon amour ! Cette robe est faite pour toi ! Dis-je, en maudissant
mon sexe qui visiblement pensait comme moi.
- Tu es magnifique... Elle te va comme un gant...Je suis contente ! C'est précisément
la taille qu'il te fallait, dit Alessandra qui l'avait rejointe, et qui passe
ses mains un peu partout sur la robe.
Pour fêter la venue d'Alessandra, et aussi pour que ma femme puisse mettre son cadeau, nous avons passé la soirée dans un bon restaurant. Je dois vous dire que notre arrivée ne passa pas inaperçue. Deux superbes femmes accrochées à moi comme des sangsues, je faisais des envieux. Les deux femmes rivalisaient de beauté. Alessandra portait une longue robe en satin noir qui mettait également ses appâts en valeur. Mes belles étaient installées en face de moi, et, comme le veut l'étiquette, je tournais le dos à la salle. De temps à autre, un pied venait à la rencontre de ma jambe et, comme aucun regard féminin ne trahissait rien, je ne sus jamais à qui appartenait le pied en question. De retour à la maison, nous étions morts de fatigue, et n'avons pas demandé notre reste avant de s'effondrer sur nos lits.
Du bruit vient de la cuisine. Je jette un œil sur le réveil, et comme Vanessa dort bien profondément, j'en déduis qu'Alessandra est bien matinale.
Elle est sans gène quand même la cousine ! 8h00 du mat, c'est tôt, surtout quand on s'endort cinq heures plus tôt !
Visiblement, la belle italienne est en forme, au propre comme au figuré. Sa nuisette rose en mousseline arachnéenne, descend un peu au dessous du pubis. Grâce au contre-jour du soleil, on distingue très nettement les deux globes de ses fesses magnifiques qu'un minuscule slip en soie ne réussit pas à dissimuler. Cette vision me met d'emblée le feu au ventre. J'allais repartir de la cuisine avant qu'elle ne me voie dans cet état quand...
- Oh...Buongiorno, Fred ! Lance la belle en se retournant, et en détaillant
mon érection, somme toute bien légitime.
- Mmh...Salut...Alessandra... Tu es bien matinale toi !
- Oui, je ne peux pas dormir plus, le matin !...Mais toi, tu es en super forme,
visiblement ! Fait-elle mutine en m'embrassant sur la joue, et en s'arrangeant
pour que le dos de sa main effleure très légèrement la
bosse de mon bas de pyjama.
Ok, il faut à tout prix que je pense à autre chose, mais avec ses seins qui pointent sous le tissu, ça ne va pas me faciliter la tâche ! Elle est vraiment bandante la cousine, et soit c'est une ingénue soit une parfaite salope !
Vanessa nous a rejoints pour le petit déjeuner avant que je ne commette un viol. La matinée s'est passée à programmer la semaine. Pour aujourd'hui, les musées nous accueilleront et exposeront à nos yeux ébahis les Gallé, Muller, Majorelle et autres noms qui contribuent à la renommée de la fameuse école de Nancy.
Un rapide coup d'œil à ma montre m'indique qu'il est temps de partir si nous voulons faire un maximum de choses cet après-midi. Nous sommes habillés, ma femme et moi, et attendons que la belle Milanaise termine de se préparer. Vanessa et moi avons opté pour une tenue décontractée, T-shirt, jeans, et tennis.
En véritable ambassadrice de l'élégance italienne, Alessandra est superbe. Somptueusement maquillée, son ravissant minois et encadré par ses longs cheveux bruns, bouclés, qui cascadent sur ses épaules. Elle porte une robe décolletée et fendue en soie rose et dentelles beiges, qui tombe un peu au dessus du genou. Ses pieds sont chaussés d'une paire de stilettos beiges dont les brides s'enroulent délicatement autour de ses fines chevilles. La particularité de la robe est qu'elle est fendue très haut sur la cuisse, et à chaque enjambée, la belle dévoile une jambe parfaite, finement dessinée. Le décolleté s'ouvre très largement sur le sillon de ses seins, maintenus par un soutien-gorge en dentelle beige, qui dépasse un peu, fripon, de la robe. À la limite du « politiquement correct ».
On serait dans un dessin animé, genre Tex Avery, mes yeux seraient exorbités, et ma langue interminable se déroulerait jusqu'à la créature de rêve, le tout avec un « wahouuuuuuuuu » de loup affamé, et probablement que j'aurais attaqué la table avec mes dents...
On reste là, pantois, troublés par l'apparition. Même Vanessa qui à ma connaissance n'a pas de penchants pour le sexe faible, la regarde comme un homme l'aurait fait. Avec un mélange de désir et d'admiration.
La visite des musées a eu l'effet escompté, magique ! Si bien que la cousine a craqué pour un vase en pâte de verre, et dans la foulée, se l'est offert. Quand on aime, on ne compte pas...Mais c'est surtout la place Stanislas, avec ses fontaines d'Amphitrite et de Neptune, et ses grilles dorées savamment sculptées par Jean Lamour, qui unissent les pavillons architecturaux sortis de l'imagination d'Emmanuel Here, qui l'a le plus émerveillée. Ma femme et moi marchons bras dessus, bras dessous. Alessandra est légèrement en retrait, et du premier coup d'œil, on devine aisément qu'elle n'est pas accompagnée. Evidemment, à se pavaner dans une tenue de la sorte, des hommes un peu plus hardis que d'autres, tentent leur chance avec la belle...Quand retentit un bruit reconnaissable entre mille...
- Toi...Oui, toi...T'es gentil, tu remets tes mains dans tes poches et tu t'amuses tout seul, ok ? Remet-elle à sa place, exaspérée, un jeune qui, encouragé par ses copains et protégé par la foule, lui a mis une magistrale main aux fesses.
Ne pouvant rien rétorquer devant une si belle tirade, le jeune en question, mort de honte de s'être fait gifler, se met à détaler devant les ricanements de ses complices.
Du tempérament la belle italienne. Ce n'est pas pour me déplaire. Et cette voix cassée qui s'amplifie davantage quand elle est en colère...
Epuisés par notre journée, nous nous laissons tomber sur les canapés, et nos pieds sur la table basse, prenons un repos bien mérité. Après une bonne douche revigorante, d'un commun accord, nous décidons de prendre des plateaux télé, et de regarder un bon dvd. La soirée a été calme et très reposante. Au premier bâillement, après le traditionnel « bonne nuit », nous regagnons nos chambres.
- Au fait ! dit Vanessa en laissant tomber son peignoir. Tu te souviens bien
que demain j'ai rendez-vous chez le médecin ?
- Euh...Non...J'ai zappé je crois ! Et tu y vas pour quelle heure ? Je
lui demande, collé derrière elle savourant le velouté de
son corps, en l'embrassant dans le cou.
- Je dois y être pour 9h00!...Mais je partirai pour huit heures et demi,
c'est à l'autre bout de la ville, et avec cette circulation...
- Oui, enfin n'exagère pas non plus...Nous sommes en Août ! Je
lui dis en mettant mes mains en coupe sous ses seins, et en dardant la pointe
de ma langue dans son oreille. Et qu'est-ce que je vais faire de ta cousine,
moi ? Si encore elle restait au lit...
- Ben...Surtout, tu lui donnes bien ses croquettes, et après tu la sors
pour son petit pipi... Comment ça « qu'est-ce que vais faire de
ta cousine » Ce n'est pas un chien ! Tu n'as qu'à l'emmener faire
les boutiques, elle adore ça. Rétorque ma douce, en se moquant
de moi ouvertement.
- Mouais, ça ne m'arrange pas du tout ça, j'avais prévu
de traînailler un peu au lit. Bon, on verra bien. Et je clos la conversation
en l'étreignant avec fougue et en lui enfonçant ma langue dans
sa bouche ensorcelante.
Elle répond un moment à mon baiser, puis Vanessa coupe court à mes intentions, me précisant qu'elle tombe littéralement de fatigue, que je ne dois pas lui en vouloir et que ce n'est que partie remise. À peine nous sommes au lit, qu'elle s'étire comme une chatte et, après un rapide baiser, s'endort profondément, me laissant seul avec mon érection. Et comme dit Coluche dans un de ses sketchs « Ça ne fait rien, je vais me la mettre sur l'oreille, je la fumerai plus tard ! »
Un rayon de soleil récalcitrant, qui passe à travers deux lamelles de stores, me tire de mon sommeil. En m'étirant, je vois un petit mot que Vanessa a déposé à côté de moi.
“Tu dormais si bien que je n'ai pas eu le cœur à te réveiller. Je t'aime. À tout à l'heure. Bisous. Vanessa.”
Alessandra est matinale, comme d'habitude, et en suivant la bonne odeur de café je me retrouve dans la cuisine. Comme toujours la belle italienne déborde d'énergie, et me regarde émerger en riant. Elle a troqué sa nuisette rose contre un pyjama bleu en satin, et si le bas est on ne peut plus simple, bien qu'il moule d'une façon exquise son admirable fessier, le haut lui, mérite que l'on s'y attarde. En effet. Et quel effet ! Suspendu sur ses épaules graciles, un caraco en dentelle et tulle bleu, qui voile à peine sa magnifique poitrine, descend jusqu'au nombril.
- Buongiorno, Freddy. Tu veux du café ou du thé ? Me propose-t-elle
en saisissant la cafetière. Un sucre ou deux ?
- Thé, avec deux sucres s'il te plaît. Vanessa est partie depuis
longtemps ? Je lui demande en m'attardant plus qu'il ne faut sur ses seins,
bercés par chacun de ses mouvements.
- Oh, il y a une heure je crois. Nous sommes seuls tous les deux pour la matinée...Dit
la belle d'une voix rauque, en plongeant ses yeux caramel dans les miens.
- Ok... Ecoute, on ne va pas tourner en rond...J'en meurs d'envie, et je sais
que toi aussi. Tu préfères que ça soit moi qui prenne les
devants ? Je demande en avalant une gorgée de thé.
Je commence le jeu avec une première estocade. Un jeu où tous les coups sont permis, mais pas en dessous de la ceinture. Quoi que...
- Qu...Quoi ?
- Tu sais très bien de quoi je parle...Mais, il faut faire vite avant
que Vanessa revienne.
Deuxième estocade. Je lis le trouble dans ses yeux, mais aussi de l'amusement.
- Je...J'avoue que je ne comprends pas. Bafouille la belle, troublée
par mon audace.
- (...)
- Dis-moi, amico mio !
- Ok...Je te parle de... la douche ! Je te demande si tu préfères
y aller en premier ?
Et à la fin de l'envoi je touche.
- Ah, ok, je ne te suivais pas là ! Euh...Je passe en premier. Ça me fera du bien, je suis toute chaude...Dit-elle en se dirigeant vers la salle de bain, balançant sa croupe callipyge en cadence, comme un métronome. Puis en se retournant, elle ajouta.
- Et quelle chaleur... Pfff...Je suis toute trempée !
Je finis de ranger un tant soit peu ma chambre, quand je l'entends sortir de la salle de bain. Je lui demande si elle a terminée, la porte de sa chambre se referme sur un « hum, hum » étouffé par la cloison qui nous sépare. Je me glisse à mon tour sous la douche, et laisse mon esprit se perdre dans les dernières images offertes par la belle Milanaise.
Ce cul... Bon sang... Ce cul ! Et ces seins ! Je me vois léchant ses seins, mordillant ses mamelons, parcourant son corps de mes mains avides, et...Oups !
De retour à la réalité, je me surprends à me savonner le pénis plus qu'il ne faudrait. Evidemment, devant un tel traitement, mon sexe se dresse avec fierté, et c'est avec le renfort d'une douche glacée qu'il reprend une forme respectable.
Le dernier bouton de mon jean attaché, je passe un t-shirt blanc, m'asperge un peu d'eau de toilette, et me dirige vers le salon d'où s'échappe les premières notes d'un slow de Phil Collins, trahissant la présence d'Alessandra. Allongée de tout son long, une jambe repliée, et se tenant sur un coude, la belle me tourne le dos. Ses jambes paraissent interminables. Ses cheveux plaqués en arrière retombent en tresse au milieu du dos. Ainsi coiffée, son visage semble illuminé, et seules quelques boucles rebelles viennent troubler cette harmonie. De belles créoles en or, assorties aux bracelets, pendent à ses lobes. La belle a opté pour une robe beige en tissu très fin, qui moule ses seins magnifiques comme un dessin hyperréaliste. De par sa position, le tissu tendu au maximum sculpte anatomiquement ses fesses cambrées sur lesquelles on devine par transparence une petite culotte en dentelle, à moitié dissimulée par son postérieur rebondi.
Spectacle superbe, « innocemment » mis en scène.
Alertée par ma présence, Alessandra tourne la tête, et me prend en flagrant délit en train de la reluquer. Elle me sourit un moment, puis reprend son activité. Elle remplit une page de mots croisés, et écrit d'une main sûre, directement au stylo. Je me laisse tomber dans la banquette en face d'elle, et je ne peux me résigner à ne pas la regarder encore et encore. Dieu qu'elle est belle ! Avec sa robe beige qui tranche avec son bronzage, ses cheveux tressés, et ses bijoux, elle ressemble à une reine de Saba, vue dans l'intimité de ses appartements privés. Ses yeux m'interrogent, faussement en colère.
- Eh...Tu fais quoi là ? Tu n'as rien d'autre à faire ?
- Je te regarde !
- Ah ? Et tu en penses quoi de ce que tu vois ? Fait-elle, mutine.
- Tu es très belle...Mais je pense que tu le sais...Et...
- Et ? Demande-t-elle en réprimant un petit sourire de satisfaction.
- Tu m'inspires des choses ! Dis-je en me levant.
Je la sens qui me suit des yeux, intriguée et curieuse comme une jeune chatte. Je me dirige vers mon bureau, et fouille dans un grand placard.
- Je t'inspire quoi exactement, amico mio ? Dit-elle en élevant la voix
pour être sûre que je l'entende.
- Tu sais...Ça fait un petit moment que j'ai très envie de te
croquer... Je développe en calquant le ton de sa voix. Et de te voir
comme ça, l'envie devient plus grande...Tu comprends ?
- Oh...C'est super mignon...Freddy...Ce que tu me dis là...Mais...
- Mais ? Je demande au summum de l'amusement.
- Mais, et Vanessa ? Et puis ça ne serait pas bien et...
- Vanessa ? Attends, elle n'est pas jalouse ! Et comme disait ce cher Oscar
« le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y
céder ».
- Oh, Freddy, il ne faut pas, et...
- Et puis tu sais... Ce n'est qu'un croquis ! Dis-je en reprenant place en face
de la bellissima, et en brandissant fièrement un grand cahier à
dessin et un crayon de papier devant une Alessandra perplexe qui préfère
ne rien ajouter, encaissant le point marqué.
J'ai toujours dit que c'est en faisant le portrait de quelqu'un que l'on peut le mieux s'apercevoir de son charme ou a contrario de ses défauts. Aussi, je ne suis pas étonné de voir que la symétrie parfaite de son visage se révèle avec trois ou quatre coups de crayon. Je m'applique de mon mieux à faire ressortir la transparence de ses yeux, reproduire l'intensité de son regard et le trait parfaitement arqué de ses sourcils. À grand renfort de clair-obscur, je donne du volume à l'ensemble, et avec le doigt j'estompe légèrement, révélant le velouté de sa peau. La belle milanaise se laisse croquer, terriblement séduisante, en fausse boudeuse, une légère moue gonflant ses lèvres déjà très pulpeuses.
Complètement absorbée par ses mots croisés, elle fait aller et venir son stylo entre ses lèvres, négligemment. J'en ai la gorge nouée.
Bon sang, c'est pas vrai ! Si elle continue, je ne réponds plus de mes actes !
- Je sèche là ! Tu ne pourrais pas m'aider ? Me sourit-elle.
- Euh...Tu sais moi, les mots croisés ou fléchés, ce n'est
pas mon truc...Commençais-je.
- On va voir ça ! Je tente le coup quand même !
- Je t'aurai prévenu ! Plaisantais-je.
- Face à l'arène ! En sept lettres !
- Essaie « Taureau » ! Lançais-je après avoir compté
sur mes doigts.
- Mouais... ça semble coller !
- C'est quoi les autres mots qui traversent le « Taureau » ?
- Comment ça ? Demande-t-elle en jouant avec sa tresse, ramenée
sur le côté.
- Ben, avec le « U » de ton taureau, c'est quoi le mot ?
- Ah, ok...Euh...« Cantique », au pluriel ! En sept lettres également
!
Je me lève, et prends place à ses côtés. Comme la belle n'a pas changé de position, je me retrouve accroupi devant elle.
Comment se concentrer sur l'énigme, quand j'ai presque la tête dans son décolleté !
- Je préfère voir...Comme ça, je peux mieux t'aider. Je
lui susurre à l'oreille.
- Comme tu veux...Mais... N'en profite pas trop ! Dit-elle en riant.
- Promis ! Alors, voyons ça...Ben... « Psaumes »...En sept
lettres ! Triomphais-je.
- Attends... hum...Oui, c'est ça ! Ben, dit donc...Pour quelqu'un, à
qui ce n'est pas son truc.
- La chance du débutant ! Et écrit « Usagées »
pour « Qui ne sont plus neuves » ! En sept lettres.
- Usagées ? Mouais...Ok, tu es très fort. Tu m'as eu...Du moins,
à ce jeu-là...
Elle se redresse, me lance un regard faussement inquiet, et me tient le menton comme on le ferait avec un garnement, pour attirer son attention avant une réprimande.
- On peut voir ton dessin ?
- Bien sûr, mais je ne l'ai pas terminé.
- C'est pas grave, je veux juste jeter un œil.
- Ok ! Dis-je en me redressant.
Je lui tends le croquis. La belle ramène ses jambes sous elle, s'empare du cahier et l'examine soigneusement. Je prends place à ses côtés, son parfum me fait tourner la tête ou bien est-ce sa poitrine, je ne sais plus trop. Sa hanche élastique vient se coller à moi, je sens la chaleur de son corps et une décharge d'adrénaline traverse mes artères.
- C'est super Fred ! Très ressemblant en plus !
- Merci, mais comme je te l'ai dit, il n'est pas fini. Je dis, troublé,
en m'éclaircissant la voix.
- Oui, mais en tout cas, je veux le garder quand il sera terminé.
- J'en serais ravi !
- Mais... Je ne savais pas que tu étais artiste ! Tu as d'autres talents
cachés ?
- Tu ne sais pas tout...
Alessandra se penche pour déposer le dessin sur la table basse devant nous, et dans le geste ses fesses se soulèvent un peu, et se collent à ma cuisse. Une décharge de six mille volts me traverse le corps, et l'esprit.
L'esprit, c'est un bien grand mot, car à cet instant, je ne pense plus avec mon cerveau ! Mais plutôt avec ma queue !
Je ne bouge plus. J'attends un signe, un geste, un encouragement. Rien. Les secondes s'égrènent, sans que rien ne se passe. La musique s'est arrêtée, et on entend que nos respirations. La poitrine d'Alessandra se soulève en cadence. Son souffle s'accélère. La bellissima roule les hanches doucement. Elle balance son bassin d'avant en arrière, se frottant sur ma cuisse. Exquis ! Je ne suis pas en reste, et me plaque le plus possible contre elle. Mon sexe devenu très dur s'imbrique dans le creux de ses fesses, et malgré la barrière de tissu, masse au passage son périnée sur toute la longueur, ce qui provoque des gémissements étouffés par Alessandra.
Si on continue comme ça, je vais trouer sa robe et la prendre manu militari !
Rassemblant mon courage à deux mains, je pose celles-ci sur les fesses de la belle italienne, et commence à peloter, malaxer, sans vergogne les deux globes fessiers à travers la robe. La belle se redresse un peu, et cherche mes lèvres, s'en suit un long baiser passionné, torride, tant attendu.
Elle est plus que désirable. Ses yeux se sont fermés. Sa langue se fraye un chemin entre mes lèvres et s'enroule autour de la mienne, comme le ferait un boa autour de sa proie. Implacable.
À l'aveuglette, ma main droite part un peu à l'aventure. Mes doigts se resserrent gentiment sur une épaule, en apprécient l'arrondi, pianotent jusqu'à une bretelle qui soutient la robe. Du pouce et de l'index, je tire sur la bretelle. Le tissu glisse sensuellement sur sa peau cuivrée, révélant le début de sa poitrine.
Nos langues entament un étrange ballet. Jusqu'à maintenant à part Vaness, aucune femme ne m'a jamais embrassé comme ça ! C'est fou ! Sa langue investit complètement ma bouche.
Une étrange sensation, chargée de promesses, donne naissance à un frémissement, qui longe mon épine dorsale, pour mourir dans mes reins. Bien sur, mon sexe prend des proportions bien légitimes, et se sent un peu à l'étroit dans mon jean. Le french-kiss dans les règles de l'art, mais en version latine !
Ma main s'insinue sous le haut, à moitié débraillé,
du vêtement. Elle continue son exploration, lentement, gravit un sein
libre de tout soutien-gorge, s'en empare, éprouve l'élasticité
et le satiné de la peau. Sa peau est douce et je ne résiste pas
à la tentation de m'emparer du mamelon qui durcit sous mes doigts.
Alessandra lâche un « Hmm », étouffé par nos
bouches soudées l'une à l'autre. Mon autre main, jusque-là
restée inactive, caresse son visage, et se hasarde dans ses boucles brunes.
Attiré comme un aimant par ses jambes, je délaisse un moment sa poitrine pour m'aventurer sous la robe, et palper l'intérieur d'une cuisse dénudée, remontant le fin tissu au passage. La douceur et la chaleur de ce contact charnel, m'envoient une bonne dose d'adrénaline dans les artères.
Cette superbe femelle qui s'offre à moi, je ne veux pas la sauter comme un hussard, non, je veux la déguster, profiter du moindre centimètre carré de son corps sublime.
Réfrénant mon envie, je me lève, et m'éloigne un peu. Contemple mon œuvre comme l'artiste après une dernière touche.
Avec ses grands yeux humides et brillants, ses narines qui palpitent d'excitation. Avec sa robe troussée sur ses jambes légèrement entrouvertes, laissant voir une toison brune voilée par un minuscule slip en dentelle et soie blanche. Avec sa poitrine qui se gonfle et se dégonfle, le souffle court, un sein dehors, et l'autre pas encore dévoilé, elle est terriblement bandante !
Je me fais violence pour ne pas lui sauter dessus, lui arracher sa culotte avec les dents, et pénétrer son sexe que je devine accueillant.
Ses yeux semblent me dire « Eh, tu fais quoi, là ? »
Elle n'a pas à s'inquiéter longtemps. Je m'agenouille, lève une jambe de la belle, apprécie la finesse de sa cheville, et en déposant de rapides baisers, je descends à son pied délicat. Je prends un à un ses orteils, et entreprend de les lécher, de les sucer, de les gober avidement.
La caresse à l'air de lui plaire, et rassurée par mon initiative, elle ferme les yeux, se concentrant sur les soins prodigués par ma bouche gourmande.
- Tu sais, c'est la première fois que l'on me lèche les pieds.
- Et ? Dis-je sans m'arrêter.
- Ben...J'adore, c'est bon !
- Alors, savoure !
Le deuxième pied terminé, je remonte en suivant un tracé imaginaire avec ma langue, repoussant le tissu gênant, vers l'objet de mon désir. Son sexe, que je sens frémissant et impatient.
Enfin, j'y suis ! Enfin pas encore ! Presque ! Reste le rempart de soie protégeant le fruit défendu.
Alessandra, ouvre ses jambes le plus que le vêtement lui permet. Je disparais sous le peu de robe qui reste. Je m'approche, plaque ma bouche sur le tissu arachnéen gonflé par un mont de vénus proéminent. Ça sent fabuleusement bon au petit pont de l'entrejambe. J'avance une langue intimidée. Je lèche sa petite chatte à travers la culotte se qui déclenche un « Hmm » de la belle.
- Oui...Continue...Ne t'arrête pas ! Fait la bellissima, en passant ses
mains dans mes cheveux, prétexte pour plaquer ma bouche sur sa chatte.
- Tu aimes ?
- Hmm...Oui !
Je débusque son bouton d'amour et donne de petits coups de langue. La caresse doit être amplifiée par le frottement du sous-vêtement, car la Milanaise gémit de plus belle. Ma main vient en renfort et je glisse un doigt encapuchonné de soie, dans sa chatte. Je la masturbe un moment tout en mordillant son clitoris.
- Ne t'arrête surtout pas, gémit-elle de sa voix rauque, tu me fais mouiller comme une vraie salope.
N'y tenant plus, j'écarte sa petite culotte sur le côté. J'enfouis mon visage dans la toison taillée ras. Hume les saveurs poivrées. Je descends encore, sépare de ma langue les replis de chair roses. Plonge ma langue le plus loin possible dans ses muqueuses que je trouve ruisselantes, et au sommet de sa fente, dégagé de son capuchon, titille le clitoris enflé qui palpite sous l'afflux du sang.
Alessandra se tord, décolle son bassin du fauteuil, se cramponne à ma tête comme un noyé à son sauveteur. Elle pousse en avant son mont de vénus en exhalant une longue plainte. J'aspire et bois le nectar qui ruisselle du fruit défendu. Soudain, la bellissima manque d'air, et a une contraction de tout son corps.
- Ohhhh...Ouiii...C'est...Puissant ! Amore mio !
Je reste un moment à la regarder. Ses yeux sont fermés, elle cuve un orgasme que j'ai l'orgueil de penser foudroyant. Elle est magnifique, quelques mèches rebelles viennent barrer son visage.
- C'était très bon, dit Alessandra en me souriant.
- Je sais.
- Prétentieux, va ! Rétorque la belle en riant.
Pour toute réponse ma bouche s'écrase sur la sienne, et nos langues
s'unissent encore et encore, en un interminable baiser. Alessandra me repousse
gentiment, se lève, et en se contorsionnant un peu se débarrasse
de sa robe.
Elle est se tient maintenant devant moi avec pour seul vêtement sa minuscule
culotte de dentelle blanche, et ses éternelles stilettos. Dieu qu'elle
est belle. Elle plante son regard caramel dans le mien, et me sourit.
Laissant parler l'artiste en moi, je l'allonge à plat ventre sur le divan et recule un peu. Je ne veux pas consommer tout de suite mon « cadeau », mais plutôt admirer l'emballage. Elle a vraiment un corps superbe, les deux demi-sphères pleines et voluptueuses de ses fesses magnifiques jaillissent de la dentelle comme un ballon qui tenterait de s'envoler.
Je laisse mes mains courir sur ses jambes tout en admirant le galbe parfait. Je la saisis aux hanches, la retourne, et centimètre par centimètre, descend sa culotte sur ses jambes. Une toison au pelage minimal, noire comme l'enfer et épaisse comme la nuit apparaît. Dans sa nudité elle est plus que désirable. On à envie de palper ses seins ronds aux aréoles brunes et ses mamelons qui se dressent avec fierté. Envie irrésistiblement de promener ses doigts dans sa toison. Envie de mordre ses lèvres pulpeuses. Envie de...
- Eh, moi aussi je veux te voir, fait ma belle... Allez hop, à poil !
À peine mon jean à terre, que je sens un souffle chaud sur mon boxer. Elle retire mon T-shirt. Tire mon sous-vêtement vers le bas. Extirpe mon sexe en érection maximale.
Accroupie devant moi, son regard caramel plongé dans le mien, elle saisit ma queue de ses deux mains. Tire à fond sur le prépuce. Dépose un baiser sur le gland, puis d'un coup de langue experte, vient taquiner le méat d'où perle déjà une goutte de liquide séminal. Elle dépose une salive abondante, et fait coulisser uniquement mon gland, devenu hyper sensible, entre ses lèvres pulpeuses, pendant quelques secondes. Elle lèche mon pénis sur toute la longueur en l'attaquant par tous les angles. Elle lèche et mordille mon gland. Puis elle engouffre ma verge, un peu plus loin cette fois, et remonte lentement en creusant les joues pour adapter parfaitement ses lèvres arrondies autour de mon gland. Elle monte et descend sur mon sexe, avec quelques imperceptibles bruits de succion, d'une nonchalance calculée, me lançant des regards appuyés, s'appliquant à chaque fois à prendre mon sexe le plus loin possible, tandis que sa main me saisit les bourses et leur prodigue une douce caresse rythmée par le tintement de ses bracelets. Ce « bijou sonore », cher à Baudelaire, accompagne merveilleusement bien la caresse.
Et moi je me laisse faire, parfois en fermant les yeux, pour me concentrer le plus possible sur cette fellation. Je voudrai qu'Alessandra ne s'arrête jamais, tellement la caresse est d'une intensité rare. J'ai le cœur qui cogne très fort contre ma poitrine. Quand elle m'engloutit presque entièrement, je soulève ses cheveux pour mieux contempler la scène. Sans être voyeur, je dois dire que contempler une superbe femelle nue, ayant gardé ses hauts talons, agenouillée devant ma bite tendue à tout rompre, les joues déformées par la fellation qu'elle m'administre est un spectacle de toute beauté. Ces images ont imprimé ma rétine.
Comme je sens que la sève ne va pas tarder à jaillir dans sa bouche, je la repousse gentiment, et la porte sur le divan. Et en utilisant tour à tour mes paumes et le bout de mes doigts, j'effleure l'intérieur de ses cuisses. Je commence par ses chevilles et remonte en frôlant son pubis. Du bout des doigts, je caresse paresseusement ses grandes lèvres, et les tapote doucement. Puis, j'introduis un, puis deux doigts dans sa chatte. Je fais aller et venir mes doigts brillants de cyprine. Parfois je m'arrête pour regarder son visage : elle sourit les paupières baissées. Elle empoigne ma main, et d'une voix douce, me dit de venir, elle a déjà déroulé le préservatif.
Eh, attends... Elle a tout prévu la garce... Jusqu'au préservatif !
Ses yeux sont rivés dans les miens. Elle ne bouge plus. Moi, j'ai la désagréable sensation de m'être fait jouer. J'essaie d'y lire quelque chose, mais ne trouve dans ses yeux brillants que de l'excitation. Elle devine ma suspicion, et avant que j'ouvre la bouche pour la questionner, elle me roule une pelle d'anthologie.
- Ho voglio di te, prendimi adesso. Susurre ma belle.
Elle a envie de moi, et veux que je la prenne de suite.
Ces mots glissés à mon oreille dans sa langue natale, ont eu raison de mes dernières réticences. Après un « on verra bien » que je garde pour moi, je prends place entre ses jambes qu'elle ouvre en grand et m'introduis enfin dans son sexe brûlant. J'ai l'impression d'enfoncer ma queue dans un pot de miel tiède, tellement elle est à point. Elle croise ses jambes derrière mon dos et, de ses talons, éperonne mes reins comme si elle chevauchait un pur-sang. Son bassin vient à l'encontre de mon sexe. Ses coups de reins sont tellement puissants que, pour ne pas être désarçonné, je la tiens fermement aux hanches, et tente de suivre ce galop effréné. La belle impose la cadence, elle a le dessus, en fait c'est elle qui me baise ! Et ce n'est pas pour me déplaire !
Alessandra halète, ses ongles crissent contre le cuir des coussins. Je sens les premiers picotements annonciateurs du plaisir, et crie ma jouissance comme un animal. Le cri rauque d'Alessandra me fait écho, elle a joui en même temps que moi.
- Hmm, c'était divin ! fait la milanaise.
- Oui...Mais faire l'amour avec toi, ça tient plus du rodéo !
Lui dis-je en me laissant tomber à ses côtés, épuisé.
- C'est vrai, mais ça dépend des fois, rétorque la bellissima,
là, j'avais envie d'une baise torride...Et puis c'est de ta faute aussi,
si tu ne m'avais pas excitée comme ça...
Elle s'étire comme une chatte, s'empare de son paquet de cigarettes, en extirpe une, la porte à sa bouche, et entreprend visiblement de l'allumer, quand lui retirant la blonde de ses doigts, je lui susurre ces quelques mots :
- Tss, tss, je ne tiens pas à embrasser un cendrier !
- Ne me dit pas que...
- Si... J'ai très envie qu'on remette ça...Pas toi ? Je lui demande
en lui mordillant le lobe de l'oreille.
- Hmm, je ne suis pas contre...Mais dis-moi, tu n'as pas eu ce que tu voulais
?
- Pas tout à fait...Pas tout à fait, ma belle. Je rétorque,
une idée très précise derrière la tête.
Un ange passa, dégoûté par ce lieu de débauche...
Aussitôt dit, elle me gratifie d'une gâterie dont elle a le secret, mais bien moins longue, juste pour redonner du volume a mon sexe, qui reprend des formes honorables dans la bouche de la bella ragazza.
Allongé sur le dos, je la vois qui s'assoit sur ma bouche. Je la baise avec ma langue. Les jambes largement écartées, impudique, elle penche son buste en arrière. Dans cette position, ses seins sont ressortis, je m'en empare pour les caresser longuement. Telle une figure de proue d'un galion à la dérive, elle tangue sur ma bouche. Le jus intime d'Alessandra me coule sur les lèvres. Je la bois. Je me saoule de ce nectar. J'aventure ma langue sur son petit trou, léchant d'abord de façon douce et prolongée, puis plus rapide, à petits coups de langue plus ou moins mouillée. Osant forcer délicatement l'entrée de cet orifice qui m'affole, j'introduis à peine le bout de ma langue. J'entreprends un léger mouvement de va-et-vient, sans aucune volonté de pénétration. Non, c'est trop tôt, il s'agit plutôt d'assouplir, d'attendrir, afin de m'aventurer plus avant, et d'enfoncer mon doigt de plus en plus profondément et sans douleur. La belle milanaise, gémit et vient s'empaler sur mon doigt inquisiteur.
- Attends, gémit ma belle, je veux sentir ta queue en moi...Prends-moi. Presto !
Elle se met à quatre pattes sur le tapis et tourne la tête vers moi. Je remets tant bien que mal un foutu préservatif. Dans cette position, offerte, les cheveux défaits, et une mince pellicule de sueur recouvrant son corps, elle est sublime. Je me positionne derrière Alessandra, et d'un coup de reins puissant, lui fourre ma queue jusqu'à la garde dans la chatte. Elle sursaute sous la brutalité, mais ça ne semble pas lui déplaire. Je la baise comme s'il n'y avait pas de lendemain, à grands coups de boutoir, ressortant presque complètement ma bite pour l'enfoncer le plus loin possible dans son sexe. Comme si elle avait deviné que je ne tiendrais pas longtemps à cette cadence là, elle saisit ma queue luisante de sa liqueur.
- Attends, murmure-t-elle, prends mes fesses maintenant.
Toujours dans la même position, elle penche le buste en avant, et aplatit ses deux bras devant elle, offerte et soumise. Je caresse ses fesses un moment, les écarte pour une meilleure pénétration. En fait, la belle a un cul tellement sublimissime, qu'on n'a pas besoin d'écarter ses fesses pour voir son œillet et encore moins pour le pénétrer.
Je joue avec mon gland humide sur son anus, et introduis mon membre en le guidant de ma main. Mon sexe pousse doucement l'entrée interdite. Sous la poussée les sphincters de son anus se détendent, s'ouvrent légèrement, et millimètre par millimètre engloutissent mon gland. Exquise sensation, je dois faire un effort surhumain pour ne pas me répandre de suite. Ma verge rentre sur presque toute sa longueur et quand enfin mon pubis est collé contre son cul, je reste immobile un moment. Savourant l'étroitesse de ce fourreau anal. La bellissima, ne bouge plus, tente de reprendre son souffle. Je lui demande si tout va bien. Affirmative, elle me saisit les bourses par en dessous, et les malaxe avec beaucoup de douceur. En appuyant sur les épaules d'Alessandra je lui inflige un très doucement mouvement de va-et-vient allant crescendo. Je ne peux me résoudre à quitter des yeux ce cul fabuleux. C'est très excitant de voir cet anneau tendu à l'extrême, déplissé, sortant ou rentrant sous les allées et venues de mon pénis plus dur que jamais.
- Oui, vas-y, déchire-moi...C'est bon ! Crie la bellissima, en caressant
sa petite chatte par en dessous
- Tu aimes ?
- Hmm...Oui...Je...Ohh.
- Tu aimes quoi, ma belle ? Je demande sournoisement.
- Hmm...Ce que tu me fais !
- Je te fais quoi, Alessandra ? J'insiste.
- Tu me...Hmm...Sodomise !
Crochant profondément les doigts dans ses hanches, je me rue en elle à la façon d'un bulldozer, découvrant longuement le chemin de ses reins. Chauffé à blanc, je ressors complètement de son étui divin et lui souffle toute ma fureur sur la nuque. Puis, je reviens à la charge, une goutte de sueur coule dans sa raie. Alessandra soupire d'aise, comme si, l'espace de dix secondes, j'avais abandonné une orpheline ! Je cavale entre les fesses d'une fille superbe !
- Ton cul, ma belle...Est...
- Oui... Dis-moi, amore mio... Il est comment mon cul ? Ahane la belle milanaise.
- Délicieux...Ton cul est...Délicieux !
- Alors profite, prends-moi fort...Encule-moi profond...Mets-moi-la bien au
fond. Se déchaîne la bellissima.
Je n'en demande pas tant, mais ces mots sortant de sa bouche nous emmènent pour un aller et retour vers Cythère, célébrer le culte d'Aphrodite. La belle crie sa jouissance dans un orgasme qui là fait trembler toute entière, meurtrissant ses ongles sur le tapis. Tous muscles bandés, je me répands dans son rectum en grandes giclées synchronisées avec les spasmes de ma jouissance.
Alessandra, épuisée, se laisse tomber sur le tapis et moi toujours fiché dans ses reins, je la suis dans sa chute. Nous restons un moment qui semble une éternité, allongés, nus sur le tapis, telle une bête à deux dos, agonisante, terrassée et pleine de sueur. Comme à regret, je me retire des reins de la belle, et m'allonge près d'elle, à même le sol. Alessandra cuve son orgasme. Moi, je suis aux anges, un sourire béat sur le visage, je ne pense plus à rien. Ni à mon job, ni aux vacances, ni à...
- Putain, Vanessa...Elle ne va plus tarder maintenant...Mais dépêche-toi.
Dis-je en secouant la belle qui commençait à s'endormir.
- Hein, qu...Quoi ?
- Vanessa, elle ne va plus tarder, je te dis, et je ne voudrai pas qu'elle nous
trouve comme ça. Ajoutais-je, en la secouant de plus belle.
- Ok...Ok, je vais sous la douche.
- Bon, fait vite, après j'y fonce !
Alessandra a passé en hâte un vieux jean, un polo et a repris son activité première. Moi, douché et habillé, j'ai remis de l'ordre dans le salon, avant de me remettre à mon dessin, négligemment.
Une clé dans la serrure. La porte s'ouvre sur Vanessa, plus belle que jamais, en tailleur vert avec escarpins et sac assortis.
Pas un peu trop belle pour une simple visite chez le médecin ? Je laisse mon esprit vagabonder comme d'habitude. Elle fait la bise à la cousine, dépose un baiser sur mes lèvres, et se sert un verre en nous demandant si nous en voulons un également. Devant la négative, elle prend place à mes côtés.
- Dis-moi, Freddy, tu crois que je ne vois pas clair dans ton petit jeu ? Demande
ma Vaness, en plongeant ses yeux émeraude dans les miens.
- Je...Je ne comprends pas, bafouillé-je.
- Moi, je suis sûr que si.
- Écoute, Vanessa...Tente de s'interposer, la cousine.
- Non, c'est entre lui et moi. Coupe Vaness. S'il te plaît, reste en dehors
de ça.
- Comme tu voudras. Rétorque la bellissima.
Comment peut-elle savoir ? Je n'en mène pas large, et manque de tout lui balancer. Mais bon, je suis un commercial, et les négociations, les langues de bois, je connais.
- Alors quoi ? Qu'est ce que tu veux savoir ? Dis-moi ! Je revendique sans
me démonter.
- Tu ne manques pas d'air quand même. Fait-elle, courroucée.
- (...)
- On ne s'était pas mis d'accord, quant à l'emploi du temps de
la matinée avec Alessandra ?
- Euh...Si. Je fais, en prenant un air penaud.
- Et j'arrive et qu'est ce que je vois ? Mon Freddy qui glande alors que dehors
il fait un temps splendide.
- J'ai fait son portrait.
- Oui, bon...Ok... fais voir...Elle prend le dessin et le détaille minutieusement.
Il est très beau bien sûr, mais quand même...
Elle éclate de rire devant mon air contrit et, calmée, prend Alessandra à témoin.
- Non, mais franchement, tu ne crois pas qu'il aurait pu te proposer des choses plus intéressantes à faire ?